TAKAHASHI Makoto, aux allures de 1er de la classe, est le fils d'un petit patron d'une boutique de photo et d'électronique. Il est sensé y travailler, ce qui donne une idée de l'endroit où il a récupéré son matériel.
ITÔ Jun'ichi, le chevelu, a terminé ses études et passé 6 mois aux Etats-Unis.
LIN-WEI Kumiko 26, petite, assez jolie, elle s'est faite l'avocate de la nature et de notre mère la Terre. Doté d'une forte personnalité, elle était connue pour répondre à toute opposition avec beaucoup d'hostilité. Elle a par exemple jamais hésité à utiliser sa bombe anti-aggression ou ses connaissances en aikido pour se défendre en cas d'aggression (ou ce qu' elle percevait comme une aggression).
Elle a déjà été en garde à vue et le PSIA conserve un dossier sur elle. Sa première arrestation a fait suite à la plainte de la Faculté de Médecine de Kyoto, pour avoir ravagé un des laboratoires avec un gang de cinq autres étudiants et avoir enlevé les sujets tests, des chimpanzés, qui n'ont jamais été retrouvés. Elle a été libéré pour un défaut de procédure, la Faculté n'avait pas fait toutes les déclarations nécessaires pour la possession de ces singes et les charges ont été abandonnées. Lin Wei a cependant été renvoyée de son école de journalisme peu de temps après. Elle a fait deux autres séjours au poste, suite au "bombages" d'hommes qui ont à chaque fois tenté de l'aggresser.
Kumiko a été enlevée dans son appartement par une demi-douzaine de gros bras et n'a pas été retrouvée. La SF0 pense que le Colonel Kato est impliqué d'une manière ou d'une autre.
ITÔ Jun'ichi et TAKAHASHI Makoto, sont les "reporters" du groupe présents à Miyakejima pour y observer le phénomène dans le ciel. Kumiko Lei-Win faisait également partie du groupe avant sa disparition tragique .
En hébreu, "Qof" signifie "100" et "Het", "8". Le nom de la secte serait une allusion aux 108 péchés bouddhistes (108 est un nombre sacré).
Oguri Taiki, le Grand-Gourou de la Secte, réincarnation du Bouddha de l'Avenir et apporteur de la vérité, attend son exécution dans le couloir de la mort depuis 5 ans.
Mon cher neveu, Mais revenons en aux faits. C'était juste au sortir de la guerre et nous avions vingt ans. Nous errions, hagards, dans ce qui avait été Tokyo. Certains comme moi sortaient des écoles pour futurs officiers, des enfants en uniforme au regard fiévreux et au ventre vide. D'autres étaient soldats, rapatriés au petit bonheur la chance, blessés, meurtris. Et puis il y avait Sawabe Koichi. Lui aussi revenait des confins de l'Empire, mais il n'était pas battu. Et comme des papillons nous avons été attirés par sa flamme, jusqu'à nous brûler.
Je suis heureux que tu lises ce texte ; et tu me pardonneras de ne pas t'avoir dit tout cela de vive voix mais je n'en ai pas eu la force. Disons plutôt que je n'en ai pas eu le courage, et puis cette histoire est si vieille que jusqu'à ma maladie j'ai toujours trouvé de bonnes raisons pour m'en tenir éloigné. Il est maintenant trop tard pour moi et je suis désolé, désolé de n'avoir rien fait, désolé de te laisser ce fardeau.
Il avait un plan, et nous l'avons suivi, moi, Tomiyoshi et Yamazaki. Il prétendait avoir suivi un enseignement en Birmanie, et avait par-devers lui des manuscrits et d'étranges objets. Pour nous il était la liberté, et rapidement grisé par notre dévotion il commença à nous donner des bribes de savoir. Mais nous voulions plus, toujours plus et il finit par céder. Nous avions besoin d'un lieu isolé et je l'ai trouvé. La situation dans Tokyo était très étrange alors. La ville, ou ce qui en restait après les bombardements, était comme un décor de théâtre à l'abandon, des réfugiés ici et là, des immigrés coréens tentant de revenir dans leur pays… J'ai acheté une maison à la femme d'un professeur de faculté pour cinq mesures de riz que Tomiyoshi avait dégotées je ne sais comment.
Nous nous sommes mis au travail. Sawabe nous guidait, et pendant plusieurs nuits nous avons chanté et gravé les symboles qu'il nous montrait. Et puis la nuit de l'invocation est arrivée. Je ne rentrerai pas dans les détails. Disons que nous avons fait une erreur. Une erreur fatale pour Tomiyoshi. Une erreur qui a détruit pour toujours Yamazaki. Il était le plus sensible de nous quatre et ce qu'il a vu, ce que nous avons tous vu, a défait quelque chose en lui, pour toujours.
Nous avons fui, emportant le cadavre léger et sec de Tomiyoshi. Pour une raison que j'ignore la chose ne nous a pas suivis, peut être que les symboles que nous avions gravés l'en empêchaient ? Nous avons déguisé la mort de Tomiyoshi, les roues du train ont effacé toutes traces ; qui aurait cru à un suicide en voyant son visage ? Sawabe est parti, sans un mot, et je ne l'ai jamais revu.
La suite tu la connais, le succès, l'argent, mais je n'ai pas eu le courage de revenir, de combattre une fois pour toutes cette chose. J'ai conservé précieusement les éléments du rituels que nous avons utilisés cette nuit tragique, tout est dans la sacoche qui accompagne cette lettre. Je suis désolé de te laisser tout cela, mais la décision t'appartient. Je te bénis.
Nakagawa Rintarô
A propos des documents trouvés dans la maison abandonnée, autrefois utilisée par Sawabe et ses comparses...
Il y a 2 séries de documents :
- la 1ère semble avoir été utilisée de facon lithurgique, par une secte bouddhiste japonaise. Le texte est en chinois avec des katakana pour la prononciation, la datation chimique dit que ça date du VIIIème siècle
Le document s'appelle "Butsuda shâkya no kinki kyôten"
La seule chose compréhensible du texte est :
Marcheur des ombres, Sentinelle des mondes, Serviteur de Kaasi
On peut supposer qu'il s'agit du nom, ou du titre, de l'entité représentée par la statuette
- la 2ème série de doc est écrite dans une langue qui semble dérivée du sanscrit, avec des katakana rajoutés récemment (il y a moins d'un siècle). Le document est beaucoup plus disparate, dans un état de conservation médiocre (traces de dégats dus au feu et à l'humidité). La datation chimique dit que ça date du IIIème siècle AVANT J-C. Pour ce que j'en analyse, le texte principal se trouve au centre sur des tablettes, et ce qui semble être des commentaires est autour sur du parchemin.
Je n'ai pas les compétences pour lire et comprendre les textes, même celui en chinois.